Une vie dans des pages

jeudi 3 mars 2016

"De force" Karine Giebel (Belfond)



Finir un livre et se retrouver en panne sèche devant son clavier, ça c'est fait ! Alors on se concentre, le livre est fini mais je suis encore dedans, Karine me retient... "De force" ! Je vais m'en sortir, oui c'est juste une question de volonté et de temps ! Mais c'est tellement difficile quand un livre est si fort, si puissant, de trouver des mots à la hauteur pour en parler... La barre est placée tellement haut que j'en ai le vertige !
 
Un véritable feu d'artifice d'émotions...
 
Voici donc le petit nouveau de Karine Giebel, de Madame Karine Giebel ! Certainement l'une des parutions les plus attendues par les adeptes du thriller dans une année littéraire. La question étant la même à chaque fois: que va-t-elle nous réserver avec son nouvel opus ? Puisque ses lecteurs sont habitués maintenant, à chaque livre c'est la surprise, le renouveau, la magie d'une plume et de la sensibilité à fleur de peau...
 
Eh bien une fois encore Karine répond présente à nos attentes ! Ce livre est une vraie bombe qui vous explose en pleine figure ! Un feu d'artifice d'émotions va vous submerger, vous émerveiller, vous laisser sans voix, sans mots, perdus dans ces lignes où l'auteure vous retient... "De force" certes, mais pour le plus magique et déstabilisant moment de votre existence !
 
De la haute voltige...
 
L'histoire de ce huis-clos familial est simple et complexe à la fois. Chaque personnage a son histoire, son vécu, ses secrets, ses haines ou ses espoirs cachés...
 
Un femme meurt et laisse une lettre à son enfant. Jamais elle ne l'a aimé, aucun beau souvenir ne lui reste (bien au contraire) et au final...
"La haine. Voilà l'héritage qu'elle me laisse."
Armand Reynier, lui, a sans doute bien des choses à se reprocher ! A tel point qu'un homme sans pitié n'a de cesse de vouloir tout lui prendre. Afin de protéger ce qu'il a de plus cher au monde, sa fille Maud, il engage donc un garde du corps... Le spectacle peut commencer !
 
La simplicité réside dans le fait qu'il y a peu de personnages, la complexité dans le travail qui a été fait sur eux.
 
Peu de personnages donc dans ce roman et pourtant c'est grâce à eux que Karine Giebel nous propose un spectacle de haute voltige ! Elle les décortique au maximum, sonde la moindre petite parcelle de leur âme, et nous offre une histoire psychologiquement très fouillée et une intrigue jouant allègrement avec la perfection !

Un tableau noir mais magnifique...
 
Je viens de parler de perfection ? Oui oui, vous avez bien lu, c'est parfait ! Le suspense est poussé à son paroxysme, les personnages sont inégalables, la violence est présente (comme dans tout thriller) mais elle n'est quasiment que psychologique. Rien de dérangeant donc, si ce n'est ce malaise qui ne vous quittera pas du début à la fin mais que vous aimerez ressentir !
 
Le nouveau Giebel est un magnifique tableau noir servi par une plume magique qui vous ensorcèlera, ne pourra que vous subjuguer... "De force"... Ces deux mots que Karine nous assène à plusieurs reprises dans ses lignes et qui resteront gravés dans votre mémoire à jamais...
 
Un délice. Une merveille. Un coup de cœur énorme !
 

 

Editeur: Belfond (Mars 2016)
528 pages
19€50


4ème de couv'

Elle ne m'aimait pas. Pourtant, je suis là aujourd'hui. Debout face au cercueil premier prix sur lequel j'ai posé une couronne de fleurs commandée sur internet. Car moi, j'ai voulu l'aimer. De toutes mes forces. De force. Mais on n'aime pas ainsi. Que m'a-t-elle donné ? Un prénom, un toit et deux repas par jour. Je ne garderai rien, c'est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j'ai vu le jour un 15 mai. De mère indigne. Et de père inconnu. Lorsque j'arrive devant la porte de mon ancienne chambre, ma main hésite à tourner la poignée. Je respire longuement avant d'entrer. En allumant la lumière, je reste bouche bée. Pièce vide, tout a disparu. Il ne reste qu'un tabouret au centre de la pièce. J'essuie mes larmes, je m'approche. Sur le tabouret, une enveloppe. Sur l'enveloppe, mon prénom écrit en lettres capitales. Deux feuilles. Ecrites il y a trois mois. Son testament, ses dernières volontés. Je voulais savoir. Maintenant, je sais. Et ma douleur n'a plus aucune limite. La haine. Voilà l'héritage qu'elle me laisse.
 

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