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mercredi 25 novembre 2015

Foire du Livre de Brive 2015 # 4 - Rencontre avec Alexis Aubenque

Comment définir ma rencontre avec Alexis ? Mémorable ! Enfin pour moi... Parfois les menus du fameux train du livre sont difficiles à digérer et les auteurs très fatigués le vendredi après-midi... Du coup les dédicaces ont été longuessss à rédiger, et je ne vous raconte même pas à quel point il est ardu de les déchiffrer ! Bref, un grand moment que j'ai adoré ! Et que dire d'Alexis ? Juste que c'est un garçon charmant, plein d'humour et d'une gentillesse exceptionnelle ! Sur ce je lui laisse la parole...


Rituel de présentation ! Qui est Alexis Aubenque ? Pas l'auteur évidemment, le Alexis de la "vraie vie"...

Pas évident de répondre, car la frontière est mince entre l’auteur et le vrai Alexis. L’écriture accapare tout mon temps. Pour me présenter je dirais que dans la vraie vie, je suis célibataire, sans enfant, un permis B, pas de casier judiciaire, et que je vis au soleil la plupart du temps, et franchement, c’est plutôt sympa.

Robert Laffont (et Glenn Tavennec) ont lancé une nouvelle collection: La Bête Noire. Qu'est ce qui t'a donné envie de te lancer dans cette aventure (qui démarre très fort) ?

C’est Glenn qui m’en a donné l’envie. Il y a tout juste un an, j’ai reçu un message de mister Tavennec me demandant si j’étais intéressé pour rejoindre les éditions Robert Laffont. J’ai d’abord cru à une blague, mais après vérifications, l’homme existait bel et bien ! On s’est rencontré, on a discuté, et on est tombé d’accord sur une trilogie qui serait du thriller pur et dur. C’est un vrai coup de cœur que cette rencontre. Durant toute l’année ce fut un réel plaisir que de l’avoir à mes côtés. Sans compter toutes les équipes de Robert Laffont qui sont toutes d’une gentillesse et d’un professionnalisme exquis. Que du bonheur.

Parlons évidemment de ton actualité ! "Tout le monde te haïra" se passe en Alaska, pourquoi ce pays ?

Parce que je cherchais un endroit des Etats-Unis qui pourrait me faire rêver durant le temps de l’écriture. J’avais fait la côte Est, de Seattle en passant par Malibu (Pacific View), le désert du Colorado, mais aussi une île du Pacifique et la Louisiane. Et c’est presque par hasard en cherchant sur Google earth que je suis tombé sur la ville de Juneau en Alaska. Je l’ai tout de suite adorée. Un décor magnifique. Une ville bordée par l’océan et la montagne. J’ai vu tout de suite que j’allais m’y plaire

Comme tu le sais ce livre est pour moi une bombe ! Comment tu le définirais toi ?

Une bombasse !

Quelqu'un de ton entourage (je ne dirais pas qui ^^) m'a dit "c'est un Alexis méconnaissable que tu vas découvrir !". En quoi ce livre change de tes précédents ?
Je dirais surtout que c’est mon premier « Mindfuck », c’est à dire que la fin bouleverse tout ce que l’on croyait jusqu’alors ! Un peu comme le film « Sixième sens ».

Ton actualité 2016, parce que c'est demain finalement, c'est quoi ?

La suite de « Ne crains pas la Faucheuse » que je suis en train de finir et qui sortira en juin. Mais aussi le deuxième volume des enquêtes de Tracy Bradshow et Nimrod Russell qui sortira en fin d’année. J’ai des idées plein la tête, il me tarde de m’y remettre…
Le petit mot de la fin c'est toujours à mon invité que je le laisse alors je ne déroge pas à la règle...

Rien de tel que lire un bon livre pour oublier le quotidien et s’évader dans des mondes plein de magie et de mystères.

mercredi 18 novembre 2015

Foire du livre de Brive 2015 # 3 - Rencontre avec Sire Cédric

Deuxième rencontre orchestrée par les Presses de la Cité à la Foire du Livre de Brive: Sire Cédric ! C'était ma première rencontre avec cet auteur et une chose m'a frappée dès le premier abord: un VRAI regard de "gamin" passionné, un homme heureux de rencontrer ses lecteurs. On ne peut que sentir l'amour qu'il leurs porte et c'est un vrai plaisir ! Une très belle rencontre donc, une rencontre passionnante, dont voici ce qu'il en ressort ! Merci Cédric de t'être prêté au jeu :-)
 
Question récurrente que j’aime bien poser ! Qui es-tu Sire Cédric ?
 
Que dire… un éternel adolescent ? J’ai (déjà !) 41 ans, je vis à Toulouse, et je suis l’auteur de 7 romans et 2 recueils de nouvelles. Ma seule envie dans mon travail : faire passer un bon moment au lecteur (et le terrifier !) en lui proposant des histoires qu’il ne lâchera pas une seule seconde. Ma marque de fabrique : ne pas hésiter à bousculer les genres littéraires, en ajoutant des éléments de surnaturel dans une histoire policière par exemple. Mon tout nouveau roman a pour titre Avec tes yeux. C’est un thrillerhorrifique qui recèle de nombreuses surprises.

Question inutile mais rigolote : ton style hard rocker colle à tes livres ou ce sont tes livres qui collent à ton style ?

Mon style me correspond, tout court ! J’écoute du heavy metal depuis une trentaine d’années maintenant, et quand on aime cette musique je suppose que c’est pour la vie ! Ceci étant dit, si on retrouve quelque chose de « metal » dans mes histoires, c’est surtout dans l’enthousiasme que cette musique véhicule. Le sourire en coin permanent. L’envie de se faire plaisir avant tout, l’euphorie d’avoir toujours mille nouvelles choses à découvrir, à partager, mille limites à dépasser aussi ! À l’instar des films d’horreur (mon autre grande passion) qui véhiculent cette même énergie positive et cet élan créatif sans fin. L’art fait que nous ne vivons pas une seule vie, mais des milliers.

Tous tes personnages sont torturés, abîmés, une part de toi ou une imagination débordante ?

Dans la vie, nous sommes tous pleins de failles, nous dissimulons nos bleus ou parfois même nos fractures. Et les histoires sont le reflet de nos vies. On ne peut pas raconter les aventures de personnages à qui il n’arrive rien ! De plus, nous voulons tous des histoires plus grandes que nous. Nous en avons besoin, et c’est ce que nous réclamons aux auteurs. Nous voulons voir des personnes affrontant des dangers qui nous dépassent, et s’en sortir. Cela nous motive et nous rassure, cela nous fait aller de l’avant dans nos vies. En tant qu’auteur moi-même, c’est ce que j’essaie de faire, tout simplement. Imaginer ces histoires, avec le plus d’honnêteté et de générosité possible.

Venons-en à ton actualité ! "Avec tes yeux" se rapproche plus du thriller que tes autres romans, même si la part de fantastique reste très présente. Une volonté d’évolution ? De faire autre chose ?

Je laisse mon imagination me mener là où elle le veut. Je ne peux donc pas parler de vraie volonté de ma part. En revanche, ce que je peux dire, c’est que je n’ai jamais écrit deux fois le même livre, et que cela ne m’intéresse pas. L’horizon des histoires possibles est trop vaste et trop excitant pour se limiter à une seule parcelle. Je n’avais encore jamais écrit de roman aussi proche du thriller, et j’en avais terriblement envie. Avec tes yeux m’a permis de broder sur un thème classique : une personne ordinaire qui se retrouve confronté à une situation extraordinaire. Thomas, trentenaire un peu paumé, a subitement des visions. Il voit avec les yeux d’un tueur, pendant que celui-ci torture une jeune femme. Et il est obligé d’agir, tout de suite, lui qui n’a jamais pris la moindre décision de sa vie. Tout le livre est né de cette idée simple. J’ai pris un grand plaisir à jouer avec les codes spécifiques du thriller (et du slasher, aussi) tout en les utilisant à ma manière. Toujours à la lisière du surnaturel, donc !

Tu as dit que tu étais fier de ce livre (ce que je comprends aisément vu que c’est un vrai bijou). Des raisons à cela je suppose...

Chaque livre est pour moi l’occasion d’apprendre et de continuer à m’améliorer en tant qu’écrivain. J’élève mon niveau d’exigence, je m’impose de nouvelles sensations à faire vivre au lecteur, de nouvelles surprises à distiller au fil de la lecture. Pour ce roman en particulier, j’ai préféré abandonner mes personnages de super héros que sont Eva et Alexandre, et j’ai privilégié des personnages plus réels, plus fouillés, à qui on peut naturellement s’identifier. J’ai construit mon histoire comme une mécanique précise, avec des coups de théâtre et des retournements de situation. J’ai davantage travaillé le réalisme aussi. Je pense que ce livre est beaucoup plus grand public, tout en demeurant terrifiant. Bien plus terrifiant que mes précédents, selon moi ! 

Le futur de Sire Cédric ? Un retour de ton duo de choc Eva-Alexandre (Parce que tes lecteurs aimeraient savoir ce qu’ils deviennent !) ou autre chose ?

Je pense attendre un peu avant de revenir à ma série fantastique. J’ai une idée assez spéciale en ce qui concerne le sujet de mon prochain roman. Il s’annonce encore plus surprenant que celui-ci !

Le mot de la fin je te le laisse !

Merci de t’intéresser à mon travail, Sandra ! Je salue les lecteurs de ton blog, j’espère que mon roman Avec tes yeux saura attirer leur curiosité ! Surtout, n’hésitez pas à venir me rencontrer à l’occasion d’une dédicace ou d’un salon littéraire ! La liste complète de ces rencontres se trouve sur mon site web : www.sire-cedric.com
 
Et pour ceux qui n'auraient pas lu ma chronique de "Avec tes yeux", c'est ici que ça se passe !
 
 

mardi 10 novembre 2015

Foire du Livre de Brive 2015 # 2 - Rencontre avec Barbara Abel



L'édition 2015 de la Foire du Livre de Brive aura été marquée par la chaleur caniculaire (imaginez 25° dehors, ce que ça peut donner sous un chapiteau bondé...). Du coup des pauses s'imposent pour respirer un peu, et certaines son plus agréables que d'autres ! Voici le résultat de ma pause interview avec la talentueuse Barbara Abel (nous avons bien rigolé !)...

Petit rituel de présentation ! Je te laisse te présenter...

Donc "c'est Barbara Abel qui vous parle en direct de Brive la Gaillarde !!!" (rires)

OK ! Mis à part ça ? Barbara l'auteur tout le monde la connaît, est-ce que tu as un petit mot à rajouter sur toi perso ou pas ?

Perso... Perso ? Perso ? (crise de rire)

Non évidemment, Barbara dans sa vie de tous les jours uniquement !

Je suis auteur et je vis de ma plume. Je suis quelqu'un de très ordinaire, je suis maman de deux enfants. Une madame tout-le-monde quoi...

Tout le monde te connaît avec "Derrière la haine" et "Après la fin". Est-ce que ces deux livres te collent vraiment à la peau ou est-ce qu'on arrive à te parler d'autres livres sur les salons ?

Alors il y a "Duelle" qui a eu une vie en 2005 et puis "Derrière la haine", avec le succès qu'il a eu. Mais "Duelle" est revenue un peu sur le devant de la scène et c'est une histoire qui a beaucoup frappé les gens donc forcément ça revient. Sinon c'est vrai que "Derrière la haine" revient souvent !

C'est celui qui t'a fait connaître finalement ?

En fait non, c'est ce qui a relancé ma carrière parce que j'avais eu un début de carrière très prometteur aux Editions du Masque avec "L'instinct maternel", qui a gagné le prix Cognac en 2002. Et puis, pour des raisons que je ne veux pas développer, il y a eu une petite descente, même une grosse descente, et avec "Derrière la haine" ça a été un second départ.

Ton nouveau roman "L'innocence des bourreaux", parce que c'est l'actu, parlons en ! Fallait oser le coup de la supérette ! L'idée de départ c'est un truc complètement "bateau", comment elle t'es venue cette idée ?

En fait l'idée de départ c'était pas tellement le coup de la supérette, c'était le fait de mettre en scène des personnages qui étaient au départ victimes et qui, suite à un évènement, deviennent bourreaux malgré eux. C'était ça la vraie idée du roman et donc, pour approfondir  et pour magnifier cette idée le mieux possible, j'ai trouvé l'endroit de la supérette qui est un endroit tout à fait quotidien où vont des personnes ordinaires. C'est mon créneau: les gens ordinaires à qui il arrive un truc extra-ordinaire.

Quand l'ordinaire bascule dans l'horreur ça c'est VRAIMENT mon créneau ! Et donc voilà, j'aimais bien l'idée du lieu clos, cet espèce de huis-clos, même si à un moment donné on sort de la supérette, et il m'a semblé que cette situation était tout à fait propice à mettre en scène mon idée de départ.

Cette fois ci tu as vraiment pris tout un panel de personnages. Ce sont vraiment des personnages que l'on peut croiser tous les jours dans sa vie. On a tout: la tatie Danielle, le vendeur de la supérette etc... Tu n'as pas pris qu'un seul personnage. C'est volontaire ?

Alors oui, c'était tout à fait volontaire parce que tous mes bouquins mettent en scène deux personnages, trois, rarement quatre, et j'avais vraiment envie de me confronter à un roman chorale avec beaucoup de personnages et pouvoir vraiment m'amuser et jouer avec leurs destinées, passer d'un personnage à l'autre. J'avais aussi cette volonté de mettre un certain nombre de retournements de situation, de coups de théâtre, de climax et donc évidemment plus t'as de personnages et plus tu as de possibilités.

Voilà, c'était vraiment l'envie de me lancer dans un exercice que je connaissais peu, même pas du tout, et encore une fois voilà donc: supérette, plusieurs personnages, ça me donnait l'occasion d'un nouveau style de roman.

Changer un petit peu donc ! Pas de maman, pas de voisins cette fois-ci ! Au fait tu es fâchée avec tes voisins ?

Alors moi je ne suis pas fâchée avec mes voisins, faut peut-être leur demander à eux s'il ne se méfient pas de moi depuis "Derrière la haine", ce qui est possible hein !... (rires, encore...)

Je te considère comme la reine du thriller psychologique, c'est vraiment ton domaine, tu es vraiment ancrée dans la psychologie des personnages et tu nous embarques à fond nous, les lecteurs. Est-ce que tu envisages d'écrire un autre style de thriller, quelque chose de plus sanglant ?

A priori non ! L'enquête policière je me sens un  peu incapable de le faire, je n'ai pas les connaissances donc ça voudrait dire que, si jamais je devais me lancer dans un vrai roman policier, ça me demanderait énormément de documentation à rassembler avant de commencer à travailler. En plus je trouve qu'il y en a beaucoup sur le marché et mes collègues le font très très bien, sans doute bien mieux que ce que moi je pourrais faire.

Après les trucs plus sanglants c'est pas mon truc en fait !  Tous les coups des sérials killers ça me fatigue un peu, enfin c'est pas que ça me fatigue mais il y a eu un boum des histoires avec les sérials killers (il y en a qui sont très très bon, je ne critique pas du tout !) mais je trouve un peu facile juste le personnage du méchant qui est méchant parce qu'il est méchant ! Moi j'aime bien donner des raisons, expliquer le comment du pourquoi. J'aime bien aussi débusquer les failles, débusquer les vulnérabilités, les fragilités des personnages qui les rendent justement mauvais. Je trouve que c'est plus intéressant et je m'y retrouve plus. Après c'est vrai que pour tout ce qui est description de scènes sanglantes, couper des têtes machin, enfin le sang pfffffff, je prendrais pas mon pied à me plonger là dedans ! Parce que l'air de rien, quand tu écris un roman, tu dois vivre avec tes personnages, avec ton histoire, et il faut que ça te plaise. Je ne pense pas que je prendrais autant de plaisir qu'à mettre en scène mes personnages ordinaires, mes monsieur et madame tout-le-monde. Et puis je trouve qu'on s'identifie plus et mieux à des personnages ordinaires, c'est ma manière de penser. J'ai l'impression que la compassion, l'empathie, sont plus faciles et je joue beaucoup sur l'empathie !

Oui tu joues même énormément sur l'empathie parce qu'on arrive toujours à s'identifier à l'un de tes personnages ! Surtout quand on sait que tu as écrit "L'instinct maternel" alors que tu étais enceinte... C'est une horreur d'ailleurs de penser à ça !

Alors ce qui est très drôle c'est que, si on regarde bien, les enfants de mes bouquins grandissent en même temps que mes enfants à moi ! "L'instinct maternel" c'est une femme enceinte, les quelques bouquins suivants ce sont des enfants en bas âge et on arrive dans le dernier, "L'innocence des bourreaux", où il y a un ado !

Je suppose que ton prochain roman est en cours d'écriture ! Est-ce que tu as une toute petite info ? Un petit scoop qui resterait juste entre toi, moi et ceux qui nous liront (sourire ironique évidemment) ?

Non suspense parce que c'est une super bonne idée et je n'ai pas envie qu'on me la pique (et re rires !!!) avant que je sorte le bouquin !

Juste une idée sur la sortie alors ?

Automne 2016.

Le petit mot de la fin, parce que je vais quand même te laisser finir ton Salon, je te le laisse (et rires encore....)

Ben écoutes félicitations à toi Sandra, je trouve que tu fais un magnifique parcours (et vous êtes plusieurs  dans ce cas là) ! De partir comme ça juste passionnée de lecture et passionnée d'auteurs, d'avoir un véritable amour pour le livre, d'arriver à faire ta place petit à petit en rencontrant d'abord les auteurs sur les Salons, puis en faisant quelques chroniques, puis maintenant un blog. Il y a toi, il y en a d'autres, et il y a aussi le fait que vous devenez vraiment des acteurs actifs... acteurs actifs c'est complètement con ! (fou rire !!!!), des acteurs donc du livre dans le sens où maintenant il faut vraiment compter avec vous pour la promotion des bouquins. Evidemment tout ça a énormément évolué avec internet, avec Facebook, les réseaux sociaux... Et donc maintenant, quand un livre sort, on l'envoie aux journalistes, aux médias puis on l'envoie aux blogueurs parce que vous charriez énormément de public, de lecteurs qui sont passionnés et c'est très important, c'est très chouette !

Merci beaucoup Barbara c'est ADORABLE !!!

Et voilà, on coupe le micro, après 10 minutes d'enregistrement ! Mais ça ne s'arrête pas là, on continue à papoter comme deux copines, c'est ça aussi la magie des Salons.... Merci du fond du cœur Barbara pour ce moment magique !
 

dimanche 8 novembre 2015

Foire du Livre de Brive 2015 # 1 - Rencontre avec Michel Bussi

 
 
 
 
Quelle chance, dans le cadre de la Foire du Livre de Brive, de pouvoir rencontrer des auteurs de façon plus intime, de véritablement échanger avec eux ! Pour cette rencontre je remercie évidemment Michel Bussi qui, avec la gentillesse qui le caractérise, a accepté de se prêter au jeu de l'interview avec la petite blogueuse que je suis (j'espère que la retranscription sera la plus fidèle possible !), et je remercie également les Presses de la Cité et particulièrement Laetitia Matusik qui m'a proposé cette rencontre (et une autre...). Ce petit bout de femme au charme fou m'a permis de vivre un rêve ! Je ressors de cette rencontre avec le retour en force de mon âme d'enfant... MERCI
 
Question rituelle ! Tout le monde connaît Michel Bussi, mais dans la "vraie vie", qui est Michel ?
 
Simplement un homme de 50 ans, avec trois enfants, professeur de géographie (toujours en activité) et qui lit beaucoup.
 
En janvier 2015 vous êtes classé 5ème auteur le plus lu en France. Comment est venu ce succès ?
 
Il est vraiment arrivé avec "Un avion sans elle" (2012), même si la reconnaissance avait commencé avec "Nymphéas noirs" (2011).
 
Dans "N'oublier jamais", vous avez écrit cette phrase "Amateurs de thrillers, désolé de vous décevoir...". Ce lectorat de lecteurs de thrillers vous l'avez (même si vos livres sont relativement calmes et softs) alors pourquoi cette phrase ?
 
En fait toute la question est de savoir qui dit cette phrase ! L'auteur ou Jamal, le narrateur... Dans ce livre j'ai voulu dire au lecteur "mon narrateur vous dit je ne suis pas fou, je ne vous mens pas". En fait je ne veux pas mentir aux lecteurs, pas qu'ils sentent dans le final d'un livre que je les ai "floués", c'est le propre de mes romans.
 
Avec cette phrase j'ai voulu faire un petit clin d'œil à ce lectorat, qui est effectivement touché parce que j'écris des romans à suspense, mais qui a parfois une lecture double, un peu plus exigeant peut-être de par ses habitudes de lecture.
 
Venons en à votre actualité: "Maman a tort". J'ai le sentiment que vous êtes passé à un niveau supérieur au niveau du rythme et de l'intrigue. Est-ce pour nouer un lien définitif avec les lecteurs de thrillers ? Une envie de renouveau ?
 
Non pas forcément ! J'ai écrit des romans, avec "Ne lâche pas ma main" ou "Mourir sur scène", qui vont plus vers le thriller et j'ai vraiment envie de changer les genres à chaque livre. Je n'envisage donc pas d'aller vers le thriller, simplement de me renouveler à chaque fois.
 
Dans "Maman a tort" j'ai vraiment coupé le livre en deux parties, une sorte d'enquête puzzle. Dans la première partie, un peu plus "éparpillée", j'avais envie d'entrer vraiment dans l'univers de l'enfance, la partie thriller vient réellement dans la seconde partie du roman. Cette coupure, ces deux parties, je les ai voulues. C'est l'essence même de ce roman.
 
"Maman a tort" c'est clairement Malone, ce petit garçon qui parle avec son doudou. L'Enfant a une place prépondérante dans vos livres, une raison particulière à cela ?
 
Oui ! J'ai besoin de l'Enfant pour la mise en scène de mes romans, c'est ce qui permet de donner une tension supplémentaire. En effet la tension est plus forte quand on voit le monde adulte avec un œil d'enfant. En se servant d'objets banals, comme des jouets, on peut décrire du bien plus "flippant" qu'en découpant un cadavre dans une cave...
 
Pour moi le thriller pur (je ne dis pas ça de façon péjorative !) a un côté "grand Guignol", certaines scènes gores ont un côté comique parce que inenvisageable dans le quotidien. J'aime bien lire ce genre mais je ne saurais pas l'écrire !
 
Dans vos livres on sent une touche sous-jacente de fantastique en permanence, même si une explication logique vient toujours nous éclairer et que le rationnel reprend le dessus. Le Fantastique pourrait être un genre que vous pourriez explorer ?
 
Pourquoi pas. Mais pas n'importe quel type de SF. Je ne pourrais pas aller vers des histoires de vampires ou de loups garou (d'autres le font très bien), mais je pourrais aller vers des univers d'anticipation, vers du Merveilleux, vers du poétique. Cependant je n'ai pas les codes du Fantastique donc je reste dans le domaine du "merveilleux dans la vie de tous les jours".
 
Quand j'écris je sors du réel pour aller vers un petit côté surnaturel adapté au quotidien, le "merveilleux" je le mets dans la vie de tous les jours, et c'est finalement ce qui me ramène toujours vers le monde de l'enfance.  Barjavel ou Marcel Aymé avaient une plume réaliste et introduisaient une dose de surnaturel dans des choses totalement réalistes. C'est aussi ma façon de travailler mes romans, surnaturel oui mais en restant rationnel ! Mon envie est de faire rêver les lecteurs, de leur faire retrouver leur part d'enfance...
 
Pour moi le cœur de la littérature c'est la lecture de l'adolescence. Je ne vois aucun côté péjoratif à cette littérature mais au contraire un véritable génie. On pourrait citer Jules Verne, Alexandre Dumas mais aussi la saga des Harry Potter... Ca fait voyager, parler d'amour mais aussi et surtout grandir... Je m'inscris dans cette lignée de littérature d'évasion avec mes romans !
 
Le mot de la fin je vous le laisse...
 
Alors ce sera juste "ça peut arriver !" On peut commencer à écrire assez tardivement et arriver à devenir un auteur beaucoup lu. La part de rêve il faut toujours la garder en soi parce que vivre un rêve peut arriver à tout le monde...