Une vie dans des pages

mercredi 12 octobre 2016

"Lux" Maud Mayeras (AC Editions)



Comme bon nombre d'entre vous j'ai pris une claque phénoménale en lisant "Reflex". Je dois avouer qu'en me plongeant dans "Lux" j'espérais un livre du même style... Eh bien il n'en est rien ! Et je ne le regrette pas un seul instant car je me suis retrouvé avec véritable OLNI dans les mains (Objet Littéraire Non Identifié). Quelques commentaires sur les réseaux sociaux ont suffit à me faire entrevoir qu'il était impossible de rester indifférent à la lecture de ce bouquin. Aimer ou détester ? Voilà la question à laquelle j'étais confrontée en l'ouvrant, question à laquelle je suis à présent prête à répondre !

Je parlais d'un OLNI... Ce livre est un "truc" comme vous t'en a jamais lu, un livre inclassable s'il en est, un livre qui n'entre dans aucune case, comme son auteure d'ailleurs ! Maud la rebelle, Maud ou l'auteure difficile à cerner, Maud et son talent...

Parler de ce livre va s'avérer un être un exercice difficile, je ne sais pas encore comment je vais m'en sortir alors je laisse mes doigts courir sur le clavier. Laisser les émotions redescendre un peu mais surtout te dire que ce livre EST un concentré d'émotions, un véritable tsunami (et pour cause...), dont il est difficile de se défaire ! Alors une fois cet article terminé je pense que ces émotions seront toujours en moi, que je vais les garder longtemps !


Maud la rebelle...

Pourquoi faire comme tout le monde quand on sait sortir du lot ? La question est la même que "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué" ? Eh bien Maud n'a pas choisi la solution de facilité pour écrire ce roman ! Elle est parti sur un chemin bien sinueux et elle s'en sort pourtant avec un brio et une allégresse indescriptible ! Elle prend le lecteur à contre pied pour mieux le manipuler et l'amener là où ELLE l'a décidé, pas où lui voudrait aller. Un coup de chapeau s'impose pour avoir osé ! Osé mais surtout réussi ! L'intrigue est sinueuse, sournoise et totalement indescriptible si on ne veut rien spoiler...

Maud ou la nana difficile à cerner...

Maud (l'auteure) c'est "seulement" trois livres depuis 2006. Seulement trois ok mais voilà, ce ne sont pas trois livres "passe partout", juste à chaque fois une vraie claque, un roman qui décoiffe. Dans le premier ("Hématome") elle envoie du lourd. Dans le second ("Reflex") on prend une méga claque car elle envoie du lourd encore plus lourd. Dans celui-ci ? Eh bien c'est un uppercut, une magistrale coup dans ta tronche et tu vas avoir du mal à te relever !


Maud et son talent...

Peut-on parler d'un talent incommensurable ? Oui ! Clairement oui ! Parce qu'elle joue sur un tableau que je n'ai jamais eu le loisir de lire et elle le fait avec la dextérité de l'auteure qu'elle est: une auteure confirmée ! Une auteure au talent phénoménal ! Une nana qui n'a pas peur de se "casser la gueule". Elle fonce, elle déboule dans ta vie et elle chamboule tout sur son passage ! A toi de ramasser les miettes si tu veux te relever... Et elle ne se casse pas la "gueule" dans son exercice, c'est toi qu'elle va dégommer sans la moindre pitié !

Comment ça je ne t'ai pas parlé du livre ? Ah non en effet ! Mais c'est volontaire ! Il est impossible de parler de ce livre en racontant ce qu'il y a dedans (en terme d'histoire j'entends), il faut juste le lire, le découvrir, le prendre tel qu'il est et se laisser guider (et dérouter) ! Moi j'y ai pris (comme je l'ai dit précédemment) un véritable concentré d'émotions, d'amour, de haine, une leçon de vie aussi peut-être... Et j'y ai surtout pris un pied d'enfer, une sorte d'orgasme littéraire (pour reprendre le terme que je vois passer de ci de là quand on parle d'un excellent roman).

Ce que je peux te dire par contre c'est que l'intrigue est solide, bien amenée, bien (et solidement) menée par une auteure qui aime jouer avec ses lecteurs. Elle te balance en pleine tronche un final époustouflant qui va te scotcher sur place !

Chamboulée. Mise à terre. Bouleversée. Maud m'a engloutie dans son tsunami. Elle m'a fait croire à la fin du monde. Elle a éteint la lumière sur fond d'apocalypse et m'a laissée sur le carreau. Je reste sonnée. Maud:1 - Sandra:0, vaincue par KO !

Un livre parfait. Dérangeant à souhait. Inoubliable !




Éditeur: AC Éditions
252 pages
19€


4ème de couv'


C'est l'histoire d'un retour, d'une sentence et d'une vague qui monte à l'horizon. 



2016. Antoine Harelde débarque à Ceduna, dans les terres arides du sud de l'Australie. 

Vingt ans auparavant, il a passé un été dans cette petite ville perdue et, en l'espace de trois mois qui l'ont vu quitter l'adolescence, il a connu la joie, l'amitié, l'amour et l'horreur. 

Aujourd'hui il est un homme. Il n'a pas oublié, il n'a rien pardonné. 
Mais la justice prend d'étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l'apocalypse. 

Ballade meurtrière sur fond de fin des temps, Lux est le roman de la confirmation d'une jeune auteure au sommet de son art. Après le succès de Reflex (Anne Carrière, 2013 / Pocket, 2015), le nouveau thriller de Maud Mayeras est très attendu. 

lundi 10 octobre 2016

"Je sais pas" Barbara Abel (Belfond)




Un livre de Barbara Abel se solde toujours de la même manière chez moi , par un immense "WOUAHOU" ! Et ce dernier ne fait pas exception à la règle. J'irais même jusqu'à dire qu'il entre dans mon top trois de l'auteure (avec "Duelle" et "Derrière la haine"). "Je sais pas" ? Si, je sais: "Je sais pas" est une bombe !

Et si on parlait un peu de ce que nous réserve la douce (ou pas !) Barbara... Avec ce livre elle a quand même réussi à me faire détester une gamine de cinq ans, m'infliger une torture psychologique hors pair, et me retourner comme une crêpe au final que je n'ai pas vu venir ! Pas mal non ?

Comment haïr une gamine de cinq ans ?

Bon, soyons honnête, dans la "vraie vie" on a tous croisé LA gamine "tête à claques" ! Mais, quand cette gamine "tête à claques" passe par la plume de Barbara Abel, alors là elle devient carrément ignoble ! On la déteste, on l'achèterait pour la gifler, bref la "gueule d'ange" devient vite un vrai démon. Là est toute la force de l'auteure: parce qu'il n'y a pas que cette gamine que j'ai détesté dans ce livre, je peux même avouer que TOUS les personnages m'ont fait cet effet là ! Aucun n'a trouvé grâce à mes yeux ! 

Une torture psychologique hors pair...

Comment aimer un livre me direz-vous si on en déteste tous les personnages ? Eh bien penchez-vous simplement sur un livre de Barbara (et bien évidemment celui-ci en particulier) et vous le comprendrez aisément ! Elle axe tout sur la psychologie et ne fait aucun cadeau, aucune concession, donc tout est là pour déstabiliser le lecteur ! 

Envie de secouer la gamine, envie de savoir ce qu'il adviendra de l'institutrice (que vous apprendrez également à ne pas aimer mais quand même ! Elle ne peut pas finir comme ça, on n'est pas des monstres...), envie de hurler sur les pères, envie de secouer les mères (enfin pour une, pour la seconde c'est l' envie d'essayer de comprendre, tout en se disant que c'est juste impossible).Voilà la liste de toutes les envies que j'ai eues en lisant ce roman ! Ca secoue les tripes, ça remue les neurones et ça vous percute de plein fouet jusqu'à...

Un final qui vous retourne !

Que dire du final ? Ben rien évidemment vu que vous allez vous jeter sur ce livre pour le connaître et que je ne suis pas là pour vous le révéler ;-).

Je peux donc juste vous dire qu'on ne le sent pas venir, qu'il vous laisse sur le cul avec cette sensation (agréable) de vous être fait manipuler de A à Z par celle que j'ai surnommé, depuis longtemps déjà, la reine belge du thriller psychologique.  Une vraie réussite avec au rendez-vous: suspense, tension, haine et surprise.



Editions: Belfond (octobre 2016)
304 pages
19€90



4ème de couv'

Une belle journée de sortie des classes qui vire au cauchemar. 
Une enfant de cinq ans a disparu. 
Que s'est-il passé dans la forêt ? 
À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme. 
Pourtant, ne dit-on pas qu'une figure d'ange peut cacher un cœur de démon ? 

vendredi 7 octobre 2016

"Le prunelle de ses yeux" Ingrid Desjours (Robert Laffont - La Bête Noire)




Plonger dans ce livre équivaut, à mon sens, à effectuer son premier saut en parachute: angoisse, vertige, sensations fortes et peur de l'atterrissage sont largement assurés (et assumés) par l'auteure ! Elle nous manipule avec une telle force, une telle virtuosité, un tel brio (non non, promis je n'en rajoute pas ! Je peux même vous dire que je suis encore sur le c...) qu'il est impossible de lâcher ce livre une fois commencé !

Double époque, double manipulation...

2003. Une bande de jeunes branleurs sème le trouble dans une grande école parisienne. Terreur et bizutages ignobles sont au rendez-vous...

2016. Gabriel a perdu la vue (sans la moindre raison physiologique). Il n'a de cesse, malgré sa cécité,  de venger la mort de sons fils survenue en 2003 (vous sentez le lien là ?) et pour ce faire il se rapproche de la belle et énigmatique Maya...

Ingrid Desjours crée une double histoire dans l'histoire et, de fait, un suspense à deux niveaux, une montée en puissance en deux temps qui ne saura que doublement satisfaire le lecteur. Certes viendra assez vite le moment où l'on connaîtra la fin d'une époque, mais sans en connaître le véritable épilogue, le pourquoi du comment (Ingrid joue avec son lecteur comme un chat avec une souris...). Quant à la fin de la seconde période........ Vous sentez là à quel point ces points de suspension sont lourds ? Lourds et chargés de suspense ? Chargés de suspense et prometteurs d'une phénoménale montée en puissance ? Eh bien oui, vous avez raison de le sentir car, même en imaginant, vous serez loin de vous douter à quel point vous allez vous faire retourner comme des crêpes !

De la haute, très haute, voltige !!!

Déjà coutumière du fait, Ingrid Desjours nous offre, une fois encore, un roman de (très) grande facture. Un roman qui est sans doute le plus abouti de ceux qu'elle a écrits, le plus mûr également, celui de la Grande Dame qui a encore franchi un cap dans son propre style et dans le domaine du thriller psychologique. Elle nous entraîne vers ce qu'il y a de plus noir dans l'Homme, de plus nauséabond, mais aussi de plus beau (parce qu'il y a de l'Amour dans ce livre: l'Amour d'un père pour son fils, l'Amour qui vous tombe également dessus quand on s'y attend le moins).

Un thriller de haute voltige donc qui a même réussi à perturber mes nuits en provoquant les cauchemars les plus flippants qu'il m'ait été donné de faire (c'est dire, car je ne suis plus un lapin de trois semaines dans la lecture du genre !).

De l'importance des personnages...

Il est bien évident que la montée en puissance de l'intrigue est capitale dans un thriller psychologique (l'ingrédient de base), mais que serait-elle sans des personnages forts ? Une simple thriller perdu dans une rentrée littéraire chargée... Eh bien là on sort largement du lot car la force de l'auteure n'est pas seulement dans sa façon de narrer une histoire, elle a également su insuffler une véritable force à ses personnages. Elle a su travailler à fond (je dirais même à 200%) sur cette partie du roman, et le rendu est juste EXCELLENT.

Avec une intrigue qui relève donc de la haute voltige et des personnages d'une force inouïe (que ce soit les gentils comme les méchants, à moins que les gentils soient des méchants et les méchants des gentils... ou pas...) le résultat est... PARFAIT ! EXCEPTIONNEL ! Dissection des sentiments, analyse des situations, montée d'adrénaline, tout est là et bien là pour assurer le GRAND FRISSON !!!

Ça coule, ça roule, ça déboule et ça décoiffe ! Le rythme est impeccable, le suspense vous met les nerfs à fleur de peau et la tension monte crescendo pour atteindre son paroxysme dans un final pour le moins surprenant. Un final détonnant qui m'a laissée sur le carreau, sans voix !

Durant cette lecture j'ai eu la chance d'avoir mon ange gardien qui m'a donné des conseils, enfin un précisément, et je le partage avec vous car il m'a été précieux: faites en sorte de ne pas être dérangé durant la partie finale ! Mettez les gosses au garage et le conjoint à la cave, ou vice versa (ou à tout autre endroit à votre convenance) mais faites en sorte d'être tranquille car de toute façon vous resterez aux abonnés absents pour tout le monde !

Une bombe sera lâchée le 13 octobre, une vraie tuerie alors sans la moindre hésitation FONCEZZZZZZZZZZZZ !!!! Pour moi ce n'est même plus un coup de coeur mais un coup de foudre littéraire !




Editeur: Robert Laffont 
Collection: La Bête Noire (13 octobre 2016)
320 pages 
20€

4ème de couv'


Gabriel a tout perdu en une nuit. Son fils de dix-sept ans, sauvagement assassiné. Ses yeux. Sa vie... Les années ont passé et l'aveugle n'a pas renoncé à recouvrer la vue. Encore moins à faire la lumière sur la mort de son enfant. 

Quand un nouvel élément le met enfin sur la piste du meurtrier, c'est une évidence : il fera justice lui-même. Mais pour entreprendre ce long et éprouvant voyage, Gabriel a besoin de trouver un guide. Il recrute alors Maya, une jeune femme solitaire et mélancolique, sans lui avouer ses véritables intentions... 

LA CÉCITÉ DE CONVERSION EST UNE PATHOLOGIE AUSSI MÉCONNUE QU'EFFRAYANTE : SUITE À UN PROFOND TRAUMATISME PSYCHOLOGIQUE, VOUS ÊTES AVEUGLE. C'EST CE QUI EST ARRIVÉ AU PERSONNAGE PRINCIPAL DE CE ROMAN.

" Ingrid Desjours est une surdouée ! " Marina Carrère d'Encausse et Gérard Collard, Le Magazine de la Santé

" Une virtuose de la dissection des états-d'âme et des clairs-obscurs contemporains. " Philippe Lefait, Des Mots de Minuit

mercredi 21 septembre 2016

"Je l'ai fait pour toi" Laurent Scalese (Belfond)



Laurent Scalese ou le retour tant attendu... Je pense que ma passion pour les récits de cet auteur n'est pas passée inaperçu ! Après un coup de foudre pour "La voix des âmes", j'ai tout lu de lui et à chaque fois avec autant de plaisir ! Seulement voilà, nos auteurs favoris écrivent moins vite qu'on ne les lit alors l'attente du petit dernier fut longue, très longue ! Et quand il arrive enfin dans mes mains (le livre, pas l'auteur !) je ne peux que le dévorer (le livre toujours hein !) et me dire que cette attente valait vraiment la peine.

Le retour de la fameuse "Scalese touch"...

On commence par le côté un peu technique pour vous mettre l'eau à la bouche ? Allez, je me sens d'humeur joueuse et taquine donc go ! Faisons durer un peu le suspense...

La "Scalese touch" c'est quoi ? Eh bien c'est très simple: un goût prononcé pour la perfection des personnages (on l'a !), la quasi maniaquerie dans le déroulement de l'intrigue et sa façon de la travailler (on l'a !), les clins d'oeil aux précédents romans (on les a !)... Argffff je ne fais pas une pub de voiture moi ! Je parle d'un livre ! Eh bien tant pis, je persiste et je signe: la "Scalese touch" est bien présente et ce livre a TOUT pour plaire !

Une intrigue simple mais efficace...

Le suspense a assez duré ! Je vous parle du livre !

"Les trois lois de Samuel Moss: première loi: le crime parfait existe. Deuxième loi: le crime parfait n'existe pas. Troisième loi: l'enquêteur doit donc concentrer ses efforts, non pas sur le crime, mais sur le criminel."

Avec trois lois comme celles-ci et un départ d'histoire basé sur un suicide vous en déduisez quoi ? Que Samuel ne va évidemment pas croire à l'hypothèse du suicide !

L'intrigue reste simple, les personnages peu nombreux, il va donc falloir faire preuve de talent pour parvenir à tisser une intrigue malgré tout solide et maintenir le lecteur en haleine. Mais le talent, Laurent en a à revendre ! Du coup avec peu d'ingrédients il construit un roman au final assez complexe dans sa structure quand on tient compte de tous les détails nécessaires pour que le tout tienne la route. Pour que le tout tienne la route et reste simple ! Vous me suivez ? Eh oui c'est simple dans le récit et complexe dans la construction de ce dernier ! Chapeau bas l'artiste, tu m'as de nouveau conquise !

Scalese c'est aussi des personnages forts...

Attardons nous un peu sur Samuel Moss. Le flic que l'on aime et que l'on déteste ! Maniaque, hypocondriaque et totalement névrosé. Ce mec on l'adore dans le roman car il a un charme fou, un charisme que l'on ressent bien, mais on se dit également que dans la vraie vie il serait parfaitement imbuvable. Cependant on n'est pas dans la vraie vie alors je le dis haut et fort: CE MEC JE L'ADORE !

Mais Samuel n'est pas seul sur l'enquête ! Il se voit affubler d'une nouvelle coéquipière: Cheyenne. Les débuts ne vont pas aller sans mal car elle tente de temporiser les choses quand il s'enflamme, met ses théories à mal (ou du moins elle essaie) et on ne peut que s'attacher à cette nana également ! 

Ce duo deviendra vite un duo de chic et de choc, et ce pour le plus grand plaisir du lecteur ! Laurent les "soigne", les "bichonne" et nous les livre au paroxysme des effets qu'ils peuvent produire ! Ils sont juste parfaits !

Dans cet univers, qui n'est pas sans rappeler l'univers du détail et de la précision du meilleur des Agatha Christie, vous allez plonger et vous régaler ! Ce polar est excellent ! Avec un livre encore une fois différent des précédents opus, Laurent crée de nouveau la surprise et ça... J'ACHETE !!!




Editions: Belfond (septembre 2016)
352 pages
19€


4ème de couv'


Bienvenue à Lazillac-sur-Mer, dans l'univers du commandant Samuel Moss dont les armes sont le charme, la séduction et l'art du détail : rien ne lui échappe, que ce soit sur une scène de 

crime ou au quotidien. 
Cette histoire débute quand la romancière à succès Jade Grivier est retrouvée morte chez elle, dans son bureau, suicidée. Après avoir inspecté les lieux, à sa façon, Samuel Moss conclut qu'il 
ne s'agit pas d'un suicide mais d'un homicide, dont il identifie immédiatement le coupable. Le plus compliqué, maintenant, pour Samuel Moss, est de comprendre comment le meurtrier a procédé et de prouver sa culpabilité, avec élégance bien sûr, et surtout sans salir ses nouvelles chaussures sur la plage de Lazillac... 

lundi 12 septembre 2016

"La mort en écho" Barbara Abel (Editions du Masque)



Avant de revenir vous parler de son petit dernier (que j'attends avec une impatience non dissimulée !), j'ai envie de revenir sur le quatrième roman de Barbara. Une certaine impatience de relire cette auteure me taraudait et je n'ai pu résister à l'envie de sortir ce livre de ma PAL ! Grand bien m'en a pris car ce fut une très belle découverte (pourquoi n'en ai-je pas été surprise d'ailleurs ?).

Madeleine. Marie. Manon. Trois femmes. Trois époques. Trois destins à la fois différents et si similaires...

Malédiction ?...

Et si une simple maison pouvait porter malheur ? Madeleine meurt dans cette maison, Marie y vit mais est-elle heureuse ? Manon la quitte mais son sort sera-t-il plus enviable ?

Avec ce roman paru en 2006 (je vous avais prévenu que je ne vous parlais pas d'une nouveauté), Barbara Abel confirmait déjà son talent dans le monde du thriller psychologique. Il y a dix ans elle offrait déjà des romans de grande facture !

La reine est née ! Vive la reine !

En grande amatrice du thriller psychologique que je suis, je n'ai pu que me laisser embarquer dans cette histoire sombre et belle à la fois. J'ai plongé dans l'enfer et suis restée en apnée du début à la fin, avec l'incapacité totale de lâcher ce roman !

La base est relativement simple: trois femmes, trois destins. Mais avec peu d'ingrédients, Barbara arrive à nous concocter un truc de malade ! Elle fait monter la pression jusqu'à vous tirer vers les sommets de l'angoisse ! De quelle façon ? Très simplement encore: en faisant entrer un homme étrange dans la vie de Manon, l'héroïne narratrice de l'histoire. Avec cette arrivée la vie de Manon bascule, les doutes s'installent et tout est chamboulé (y compris les lecteurs...). Dites adieu à vos certitudes et laissez-vous mener ! Vous allez douter, imaginer, comprendre, vous perdre en conjectures et au final réaliser que la manipulation était juste énorme !


Intensité...

C'est le premier mot qui me vient à l'esprit en refermant ce livre. A travers le récit du présent que fait Manon, les retours en arrière sur deux autres époques que Barbara sème de-ci de-là, on se retrouve avec un livre qui ressemble à une spirale infernale. Des morts ? Du sang ? Peu ! Très peu ! Car elle n'a pas besoin de ça la Reine pour nous faire vibrer et... flipper !

Une très belle réussite que je ne peux que vous conseiller en attendant la sortie de "Je sais pas" le 6 octobre chez Belfond !



4ème de couv'

En 1930, dans un petit village de la Drôme, Madeleine, enceinte, est contrainte d'épouser un homme qu'elle n'aime pas. Le mari meurt subitement et, lorsque Madeleine est retrouvée assassinée en compagnie de son amant, les gens du village n'hésitent pas à mettre ce double crime sur le compte d'une justice fortuite. En 1960, Marie et Thomas s'installent dans la maison sur laquelle pèse depuis trente ans le sceau de la malédiction. Au bout de dix ans, Marie, enfin enceinte, espère avoir déjoué le mauvais œil. L'enfant qu'elle porte sera pourtant une véritable bombe à retardement. A 26 ans, Manon a quitté le village de son enfance et décidé de fonder à son tour une famille. C'est alors qu'un étrange personnage entre dans sa vie jusqu'à devenir de plus en plus envahissant. L'existence de Manon va alors se trouver bouleversée par la pesante histoire d'un passé dont elle subira toutes les conséquences. Trois femmes unies par un terrible secret de famille dans un inquiétant thriller.

vendredi 26 août 2016

"Potens" Ingrid Desjours (Pocket)



Lire un livre d'Ingrid Desjours est, me concernant, la certitude de passer un excellent moment de lecture et ce livre ne fait pas exception (même si l'auteure a énormément progressé depuis ce second roman, il reste néanmoins une vraie pépite du genre !). J'avais adoré "Echo" et cette suite ne fait que transformer un essai réussi.

Une intrigue au top...

Comme je le disais "Potens" est la suite d'un très bon premier roman, "Echo". C'est donc avec un plaisir immense que j'ai retrouvé des personnages hauts en couleur: Garance Hermosa, psycho-criminologue (un peu chiante sur les bords mais attachante au final) et le commandant Patrik Viver (bien plus attendrissant). Voici donc le retour de ce duo de choc pour une nouvelle enquête et plus si affinité (ou pas... à voir !).

Mais les personnages ne font pas tout dans un roman, même s'ils y contribuent grandement ! Pour parfaire la recette il faut une bonne intrigue, une intrigue originale qui permettra de sortir du lot des nombreux thrillers publiés chaque année. Cette intrigue on l'a ici ! Simple mais efficace ! Une femme est retrouvée morte (massacrée ? Oui on peut le dire ainsi !). Rien d'original me direz-vous ? Eh bien regardez de plus près et vous comprendrez que si ! Car quand le cadavre fréquentait un milieu de surdoués, l'enquête va forcément évoluer dans ce milieu et là non seulement l'auteure joue avec vous mais les personnages également ! Manipulation assurée donc ! Et ce n'est que du bonheur !

Puissant...

La puissance de ce livre réside bel et bien dans son intrigue et dans ses personnages (tant principaux que secondaires !), mais également dans le style de l'auteure (les prémices de ce que va réaliser Ingrid par la suite en fait !).

Un petit bémol va venir cependant se placer ici: quelques discussions entre "surdoués" sont parfois un peu de trop (au détriment de la rapidité de l'action). J'aime quand ça va à 200 à l'heure et quelques fois on ralentit un peu mais, rassurez-vous, on oublie vite ce détail car l'histoire est si prenante que l'on ne peut que foncer pour connaître la suite et surtout... la fin ! Et là, croyez moi, c'est pour le moins surprenant, impossible de la deviner ! Tant sur le plan de l'enquête que sur celui plus personnel de Garance et Patrik !

Vous avez aimé "Echo" ? Lisez "Potens" ! Vous n'avez pas encore lu "Echo" ? Alors foncez sur les deux !



4ème de couv'


Club de surdoués ou rassemblement de détraqués ? La frontière paraît bien fine pour Garance Hermosa. La psycho-criminologue a infiltré Potens, une confrérie de génies, pour résoudre un crime. Celui de Charlotte, membre du cercle, ébouillantée puis poignardée à mort.

Mais Garance joue un jeu dangereux. Ces hauts QI excellent dans l'art de la manipulation, de l'intimidation et du chantage. Et la jeune femme garde en elle certains souvenirs douloureux qui pourraient bien la faire couler à pic. Car au club Potens, l'intelligence est plus affûtée qu'une lame de couteau.

jeudi 25 août 2016

"Une forêt obscure" Fabio Mitchelli (Robert Laffont - La Bête Noire)



Il y a un peu plus d'un an, j'ai dit du livre de Fabio "La compassion du diable", que c'était un "sacré putain de bon bouquin". Ok, je l'ai dit et je le maintiens ! Mais là, qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire maintenant ? Problème ! Gros problème ! Parce que cette fois-ci il se surpasse ENCORE ! Je le croyais au sommet de son art, je me suis lourdement plantée (comme quoi un auteur peut encore en avoir sous la pédale, pardon sous la plume !) !!!
C'est sombre. C'est noir. C'est glaçant (et la balade entre le Canada et l'Alaska n'y est pas pour rien...). C'est un véritable coup de maître pour un véritable coup de coeur !

Le titre d'abord 

Quand j'ai eu la chance de lire cette petite merveille, il était encore à son stade quasi embryonnaire. J'ai plongé dans une obscurité totale (qui n'avait pas encore ce titre) et je précise que je l'ai fait en toute objectivité (relation de confiance oblige, j'étais en droit de ne pas aimer et de le dire ! Mais voilà, j'ai littéralement adoré !!!). Si je parle d'obscurité ce n'est pas pour rien, et le titre a pris tout son sens par la suite, "Une forêt obscure", très obscure même... 

Un thriller ok, mais ça ne va pas saigner pour le coup (enfin pas trop), cependant psychologiquement ça va être du lourd, du très lourd !

Plantons le décor:

Juneau, Alaska. Deux jeunes filles sont retrouvées dans un état de totale aphasie. Que leur est-il arrivé de si terrible ? Carrie va devoir enquêter et découvrir l'impensable...
Montréal, Canada. Un "dégénéré", Luka Ricci, publie des vidéos sur le web de massacres d'animaux. La montée en puissance, inévitable, se fait et la dernière vidéo mise en ligne met en scène le massacre d'un jeune homme filmé en direct... Louise est chargée de l'enquête...

Vous voyez pointer la nouvelle marque de fabrique de Fabio ? Eh oui, comme avec Jeffrey Dahmer dans "La compassion du diable", il se sert de faits réels pour construire son roman. Parce que Luka Ricci (et Daniel Singleton) ont bel et bien existé (sous des noms différents)... Mais pas que ! Il se base aussi (et très fortement) sur le drame de l'Exxon Valdez. Une base forte pour un récit qui n'en sera que plus puissant !
En effet, quand vous arriverez à Juneau, vous ne pourrez que constater que quand les secrets les mieux gardés sont amenés à refaire surface, cela déclenche un beau "bordel" ! Après un échouement  dévastateur, c'est un avis de tempête, que dis-je de tsunami (qui va vous engloutir), un tsunami que Fabio lance sur cette partie du monde !

Les personnages ?

C'est là qu'arrive le "Oh putain" ! Un mot qui va être notre cri de ralliement avec l'auteur à force ! 

Que dire de ses deux héroïnes ? Elles sont juste parfaites ! Enfin parfaites dans la description qu'il en fait et dans l'analyse psychologique qu'il arrive à faire ressortir de son écriture !

Il y a Louise, jeune flic borderline, à deux doigts du burn-out et abîmée par la vie depuis la perte accidentelle de sa sœur jumelle... Et il y a Carrie, flic aussi de son état, qui doit lutter dans sa vie personnelle contre une "saloperie" de maladie (oui je sais, j'y vais fort sur les gros mots, mais que voulez-vous, avec Fabio c'est notre façon de faire...), une "saloperie" de maladie donc qui frappe sa petite Clara, atteinte de progeria (maladie génétique extrêmement rare qui provoque un vieillissement accéléré dès les deux premières années). Et quand ce duo de choc va se rencontrer ça va être le feu d'artifice assuré ! L'apothéose ! La quasi perfection dans ce que l'on peut imaginer d'un duo de flics ! Chapeau bas l'artiste, tu as réussi à me captiver comme jamais avec deux héroïnes, moi qui aime bien les duos de choc composés d'une femme... et d'un homme ! Ben oui, que veux-tu, les excès de testostérone ça me va plutôt bien (oups, ça dérive là ! On se recentre !).

Avec ses Verticales, Fabio s'était offert sa Clarisse (un rapport avec Thomas Harris ?), cette fois-ci il se "paye" son Hannibal Lecter personnel en la personne de Daniel Singleton ! Ce fameux criminel qui s'amuse avec la police, et avec une femme en plus (vous le voyez là le rapport avec "Le silence des agneaux" ?). IL livre une partie de ce qu'il sait en échange de petits jeux pas très sains... Un clin d'œil que j'ai particulièrement apprécié ! D'autant que le Hannibal de Fabio n'a rien à envier à celui de Thomas Harris, il est carrément "flippant"...

Et les méchants ? Ils le sont particulièrement et ce n'est finalement que du bonheur vu que c'est ce qu'on attend d'un thriller...

L'ambiance ?

Elle est noire. Elle est sombre. Elle est lourde. Et elle est basée sur des faits réels. Parfait donc pour un décor de thriller psychologique !

Que sait-on finalement de l'Exxon Valdez sinon les images qui remontent en mémoire de l'Alaska qui passe du blanc au noir quand un pétrolier américain s'échoue sur ses côtes en 1989 ?
Du blanc au noir... Je dois bien avouer qu'on a plus de noir que de blanc ici ! Parce qu'il n'y a pas que les côtes de l'Alaska qui ont été touchées, mais bel et bien toute une population, et Fabio décortique tout cela avec une main de maître ! Il fait monter la pression par degrés successifs et chamboule toutes les idées préconçues que l'on peut avoir ! Non, l'Exxon Valdez n'est pas QUE une catastrophe naturelle...

Dans un premier temps on va naviguer entre le Canada et l'Alaska, mais inévitablement les deux affaires vont se rejoindre pour un véritable feu d'artifice d'horreurs, de sentiments de quasi culpabilité que l'auteur arrive à nous insuffler. Cette culpabilité de ne pas être conscient de certaines conséquences néfastes tues (volontairement) par les médias. On se fait manipuler et on s'en veut... Mais l'auteur aussi nous manipule et là par contre c'est pour notre plus grand plaisir !

De manipulations de l'esprit humain à des méthodes psychiatriques pas très orthodoxes, on se régale dans ces lignes ! Un pied d'enfer ! Et le terme est choisi volontairement ! L'enfer... L'auteur sait décidément bien le créer ! Le tout évidemment avec un rythme... d'ENFER !!!

Parce que la plume de Fabio a bien évolué depuis ses débuts, parce qu'il sait construire à présent des récits d'une force inouïe, parce qu'il sait jouer avec ses lecteurs comme avec ses personnages, parce qu'il sait nous amener dans les bas-fonds les plus noirs et nous maintenir en haleine dès les premières pages et ce jusqu'au final détonnant, parce qu'il est devenu maître dans l'art de la construction d'un thriller psychologique, pour toutes ces raisons ce récit est une valeur sûre, un vrai merveilleux moment de lecture !

Avec "Une forêt obscure", Fabio Mitchelli passe à une étape supérieure. Exit le thriller glauque et un peu gore, on arrive dans la cour des grands avec un thriller psychologique très fort et habilement mené ! Et cette marque de fabrique qu'il impose avec la création d'un nouveau roman basé sur des faits historiques réels (mais dans une catégorie à part, une catégorie qu'il affectionne visiblement, la catégorie de la noirceur de l'âme humaine), il s'ancre définitivement dans un créneau encore inexploré à ma connaissance et dans lequel il excelle !!!




Editions: Robert Laffont - La Bête noire (15 septembre 2016)
416 pages
20€


4ème de couv'


Un thriller psychologique choral, librement inspiré de l'escalade criminelle du tristement célèbre Luka Rocco Magnotta et du meurtre prémédité qu'il a commis en 2012, sur la personne de Lin Jun, un jeune étudiant chinois installé à Montréal, ainsi que des crimes effroyables du tueur en série Robert Christian Hansen qui a violé et assassiné dix-sept femmes dans les environs d'Anchorage, entre 1971 et 1983.

Lorsqu'en mai 2010 le corps d'une adolescente de Juneau, en Alaska, est retrouvé aux abords de la légendaire forêt de Tongass, le capitaine de police Jake Nelson ne peut imaginer qu'il s'agit de celui de sa fille. 
Deux ans plus tard, à Montréal, Luka Ricci torture des animaux et diffuse les images sur le Web. Porté par sa folie, il franchit alors une étape et assassine son amant à coups de pic à glace. Louise Beaulieu, une jeune enquêtrice borderline accro au poker, est en charge de l'affaire. Mais elle est loin de se douter qu'elle va devenir le pion d'un jeu d'échecs, manipulé par le tueur en série Daniel Singleton du fond de sa cellule. 
En parallèle, à Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc, comme pétrifiées, au bord de la route qui longe la forêt de Tongass. Sous les ordres de Jake Nelson, le lieutenant Carrie Callan prend en main le dossier et va très vite réaliser que certains secrets doivent rester enfouis à jamais. Les deux affaires finiront par se rejoindre, menant Louise et Carrie sur une seule et même piste : une terrifiante affaire de mœurs avec prostitution, pédophilie, tortures et séquestrations.