Une vie dans des pages

samedi 27 juin 2015

"Le samouraï qui pleure" Laurent Scalese (Pygmalion)



ATTENTION PREMIER ROMAN...

Voici le petit warning qui s'allume dans ma tête quand je lis un premier roman, surtout après avoir lu des "bombes" d'un auteur ! Que dis-je, des tueries même !!! Ma confiance dans les écrits de Laurent est sans limite, mais le warning s'est quand même allumé en m'appelant à l'indulgence dans cette lecture. Indulgence totalement inutile en l'occurrence donc je vais me permettre de "pinailler" un peu... Ou pas...

Quand les yakuzas envahissent Paris...

Pour cette première enquête d'Elie Sagane (que l'on retrouvera dans "Le sang de la mariée" ), l'auteur n'a pas choisi la facilité en le confrontant à la mafia japonaise ! En effet, pour que le récit soit crédible, il a fallu inévitablement beaucoup de recherches et le résultat est passionnant ! Un décor bien planté rend l'histoire non seulement impeccablement bien menée mais en plus instructive sur une société que l'on connaît finalement assez mal. Il nous offre une véritable plongée dans la vie des yakuzas, avec leurs us et coutumes !
 
Derrière une trame de trafics en tout genre, mais d'un en particulier, les "vrais faux" suicides se succèdent dans Paris sans distinction de milieu social, au point qu'Elie et ses collègues pourraient presque en perdre leur latin japonais ! Mais ce serait sans compter sur la pugnacité de ce flic, Elie Sagane, limite borderline et souvent assez imbuvable (ce qui le rend à mes yeux carrément sympathique !). Cette enquête devient rapidement la sienne et il compte bien la mener à son terme...
 
Des jalons déjà bien posés...
 
Certes il s'agit bien d'un premier roman donc l'auteur a incontestablement évolué depuis ! Cependant dès le départ le style et le rythme sont donnés, la fameuse "Scalese touch" est bel et bien en marche. Avec "Le samouraï qui pleure" Laurent impose déjà sa marque de fabrique: une intrigue très bien ficelée, des personnages travaillés et un style bien à lui. En effet c'est avec une plume directe (parce qu'il "envoie" dans ce livre !) qu'il nous livre une histoire captivante, prenante du début à la fin. Les dialogues sont crus, l'histoire est assez trash et l'intrigue parfaite avec un rythme effréné. Sans aucun temps mort, il ne perd pas de temps avec des mots inutiles. Tout est dit, sans trop ou pas assez, juste la bonne dose pour faire de ce thriller original (au vu du sujet choisi), un thriller/polar énorme !

Un livre prometteur s'il en est...

Connaissant le parcours de Laurent depuis ce livre, je n'ai pas besoin d'insister sur le côté prometteur que ce premier roman nous offre. Je ne suis pas en train de parler d'un "jeune auteur" qui doit faire ses preuves, mais d'un auteur qui a "fait ses classes" depuis un moment ! (Attention Laurent, je ne suis pas en train de dire que tu es vieux hein ;-) ).

Déjà, avec "Le samouraï qui pleure", je tiens à souligner qu'il a lancé un avertissement, une sorte de "je vais prouver que je peux tout écrire". Il a fait du thriller, du polar, du thriller fantastique... Et il jouait déjà ici sur un style bien particulier, un style en deux tons: brutal et doux à la fois, simple et ambitieux également. Qui plus est, dans un roman qui ne s'y prête pas forcément, il arrive même à glisser au hasard des pages quelques passages d'une poésie émouvante, une part d'amour aussi... Sans conteste donc les prémices d'une plume qui écrira 15 ans plus tard son fameux "La voie des âmes" !

Des chapitres courts et une écriture très visuelle (assez cinématographique) plongent le lecteur dans un roman qui est finalement la première pépite de Monsieur Scalese ! Du coup je ne dirais pas "attention premier roman" mais "attention à la mafia japonaise quand elle envahit Paris !". Les yakuzas ne sont pas des tendres et le frisson est assuré avec une tension à son paroxysme dans les cents dernières pages ! Totalement addictif !!!

J'avais dit que je pinaillerais ? Eh bien non, parce que cela ne s'impose pas ! L'histoire ici se prêtait à une écriture qui balance, qui envoie, sans aucune fioriture donc, et le pari est réussi ! Un très bon livre !!!


 

 
4ème de couv'
 
Un restaurateur japonais et sa famille sont retrouvés morts à Paris, leurs corps mutilés. Suicides rituels ou meurtres déguisés ? Le lieutenant Sagane penche pour la deuxième solution. Se fiant à son flair, le policier franchit le seuil d'un monde dont il n'imaginait pas même l'existence. Et une évidence s'impose rapidement : la mafia japonaise, toute-puissante, mène la danse.
Des crimes de plus en plus monstrueux s'enchaînent alors, empêchant Sagane de reprendre son souffle. Et, dans l'ombre, un grand ordonnateur s'acharne, programmant implacablement la terrifiante orchestration de ces meurtres. D'heure en heure, le mystère s'épaissit. Et la vie du lieutenant ne tient plus qu'à un fil...

lundi 22 juin 2015

"Pandemia" Franck Thilliez (Fleuve noir)



Étape 1: contamination
Étape 2: épidémie
Étape 3: pandémie...

Déroulement classique quand un virus dangereux apparaît, mais c'est aussi le déroulement de ce livre. On commence par être contaminé, et... la contamination se propage PEU A PEU... Voici le mot qui fâche: peu à peu... Eh oui, une fois n'est pas coutume, je me suis ennuyée avec un Thilliez, qui plus est un Thilliez avec mon couple favori: Sharko et Henebelle. Autant j'avais aimé le rythme de "Angor" autant là ce rythme m'a fortement manqué...

Un retour attendu...

Depuis la fin d'Angor, le premier volume de ce diptyque, j'attendais le retour de "l'homme en noir". Ce retour se fait mais dans un style bien différent ! Fini le page turner, bonjour le livre scientifique et réaliste. Enfin réaliste est un bien grand mot, et pourtant... Est-ce si aberrant d'imaginer un tueur si minuscule que personne ne pourrait le voir et qui pourrait exterminer une partie de l'humanité ? Un point de vue intéressant pour aborder un roman, cependant le côté "ultra technique" m'a totalement laissé de marbre.
 
En effet Thilliez, pour moi, c'est le rythme effréné, la tension grandissante, l'angoisse poussée à son paroxysme. Que l'on ne s'y trompe pas, mis à part le rythme, tout y est bien présent une fois de plus, mais, sans le rythme, tension et angoisse perdent vite leur sens premier pour être remplacés par "et l'action, elle arrive quand ?"

Quand l'humain prend le dessus sur l'action...

Il semblerait que l'auteur ait souhaité, avec "Pandemia", favoriser le côté humain à l'avalanche de cadavres. Une bonne idée pour ne pas enfermer ses lecteurs dans une habitude qui pourrait devenir ennuyeuse ! Il a donc plus insisté sur ses personnages, en élargissant le panel des acteurs clés du livre. C'est sans aucun doute ce que j'ai le plus aimé d'ailleurs. Sharko et Henebelle avaient déjà été mis un peu en retrait dans "Angor", une fois encore ils ont le second rôle avec deux autres couples qui leur "volent la vedette".
 
Nicolas et Camille tout d'abord, que l'on a rencontré dans le précédent opus. Mais surtout Amandine et Phong, les "vrais héros" de ce roman. Une scientifique qui vit en permanence en contact avec microbes et autres virus, et Phong, son compagnon qui est atteint d'une maladie le rendant sensible à la moindre contamination. Aucune défense immunitaire fait que la mort peut le frapper à chaque instant...

Un bon livre qui n'a pas eu l'effet escompté...

Je n'irai pas jusqu'à dire que "Pandemia" est mauvais, bien loin de moi cette idée ! Cependant je n'ai pas réussi à adhérer. Les personnages sont certes touchants, attachants, mais le traitement de l'intrigue se fait un peu trop autour d'eux et ce en négligeant le côté "à couper le souffle" qui caractérise généralement Franck Thilliez. Quelques longueurs se sont faites sentir au fil des pages et la magie n'a donc pas opéré...
 
"Pandemia" reste un bon thriller réaliste mais sans le petit plus qui a fait, pour moi, cruellement défaut. Ce "petit plus" qui n'est présent que dans les 100 dernières pages, et sur plus de 600 pages ça fait peu... Une lecture au final assez classique pour ne pas dire banale...
 
(Une lecture reste cependant un acte totalement subjectif, je vous propose donc l'avis de mon ami Yvan, un avis diamétralement opposé au mien, et je pense qu'il peut être intéressant de comparer... c'est par ici ! )




 

Editions: Fleuve noir (juin 2015)
644 pages
21€90



 
4ème de couv'
 
" L'homme, tel que nous le connaissons, est le pire virus de la planète. Il se reproduit, détruit, épuise ses propres réserves, sans aucun respect, sans stratégie de survie. Sans nous, cette planète court à la catastrophe. Il faut des hommes purs, sélectionnés parmi les meilleurs, et il faut éliminer le reste. Les microbes sont la solution. " Après Angor, une nouvelle aventure pour l'équipe de Franck Sharko et Lucie Henebelle, renforcée en coulisses par la jeune et courageuse Camille. Et l'enjeu est de taille : la préservation de l'espèce humaine.

vendredi 19 juin 2015

Mon interview ;-)

Un petit moment sans publication mais ça reviendra vite, pas de panique !!! En attendant voici l'interview que j'ai faite avec Yvan, mon blogueur référant ! Alors si ça vous intéresse c'est par ici que tout se passe et j'y ai mis mes tripes et mon cœur !
 
A très vite pour le nouveau Thilliez et bien d'autres pépites !
 
Sandra




Interview

jeudi 4 juin 2015

"Territoires" Olivier Norek (Michel Lafon)




Ayant adoré (et dévoré) "Code 93", il ne pouvait en être autrement ! Je me devais de lire la suite des aventures (ou mésaventures, comme le dit la 4ème de couverture) de Victor Coste, ce flic pour lequel je me suis prise d'affection ! "Code 93" était déjà un excellent polar, mais avec "Territoires" on passe dans la catégorie supérieure ! Il est carrément glaçant ! Et criant de réalisme qui plus est, ce qui lui confère un côté totalement addictif ! 

On le sait, Olivier Norek maîtrise son sujet, il le connaît sur le bout du doigt (et pour cause, le 9-3 il le pratique depuis 15 ans !). Du coup, sous une plume toujours pleine d'humour, il nous livre un récit proche de la réalité ! Presque un reportage sur les cités... Je dis presque parce qu'il s'agit avant tout d'un roman... à moins que... En tout cas c'est sans aucune langue de bois qu'il nous parle de la Seine-Saint-Denis ! Le tout évidemment sous couvert d'une vraie histoire (pas d'une histoire vraie), qui relève de la haute voltige.
 
Quand des gosses mènent la danse...
 
Premier point effarant (enfin pas tant que cela quand on regarde un peu les reportages et les actualités): les gamins ne sont plus des gamins à partir de 11 ou 12 ans dans certains quartiers ! De vraies "petites frappes" qui peuvent s'avérer aussi dangereuses que des adultes, voire plus car on ne les soupçonne pas, on ne les "calcule" pas si on veut reprendre le langage des banlieues...
 
"Douze ans du 93 c'est pas douze ans de Paris. C'est pas les mêmes formats."
 
Second point effarant: pas le choix, il faut laisser certains délits impunis pour ne pas "enflammer" certains quartiers. Ce n'est pas une surprise, ça aussi on le sait si on se penche un peu sur l'actu. Mais si ce n'est jamais véritablement dit explicitement, Olivier, lui, n'a pas peur des mots ! Pas peur d'ouvrir les yeux de ses lecteurs sur certains faits avérés... Certes c'est une fiction, mais on ne peut pas ne pas y voir une part de vérité (à moins de vivre au pays des Bisounours !).
 
Un récit toujours aussi humain...
 
Olivier Norek ne fait pas dans le sentimentalisme, il ne stigmatise pas non plus, il explique, il énonce, il laisse ses lecteurs maîtres de leurs opinions. Mais le tableau dressé n'est pas glorieux, il est juste effrayant ! Ce tableau, cependant, est dressé avec un humanisme que je tiens à saluer. Tout est dit de façon magistrale, sans le moindre jugement de valeur ou de personnes. Point non évident à respecter, mais respecté jusqu'au bout malgré tout.

On retrouve évidemment l'équipe de choc de Coste que j'avais trouvé merveilleusement humaine dans le premier opus, mais l'humanité déborde aussi dans la narration, ce qui fait la force et la qualité de l'auteur !
 
Heureusement, au milieu de tout cela il y a la fiction (qui change les idées... ou pas). L'intrigue est parfaitement menée et habilement amenée, c'est juste parfait ! Jusqu'au final pour le moins enflammé et animé ! Mais un final qui m'a laissé un goût amer dans la bouche, une légère impression de justice à deux vitesses (je n'en dis pas plus, je vous laisse seul juge).
 
Et au delà de la réalité et de la fiction, cet humour de flic que j'adore ! Cet humour qui rend les choses plus supportables ! Cet humour qui caractérise Olivier depuis son premier roman ! Eh bien cet humour il est toujours là, présent, et on se surprend à sourire de situations qui ne s'y prêtent pourtant pas...
 
Une véritable immersion dans le 9-3...
 
Avec "Territoires" on entre véritablement dans le vif du sujet ! Une vraie descente dans l'enfer du 9-3, avec ses gosses trop vite abimés, ses trafics de drogues en tout genre, ses débordements, ses émeutes, sa vie à "deux balles" dont personne ne veut, mais que certains subissent... Et là on est servi ! Outre les trafics de drogues et les règlements de compte, on a en prime une histoire politique nauséabonde (pléonasme ? Peut-être...) !
 
"Le 93 a toujours été un coupe-gorge, pour quelle raisons voudrait-on le faire passer pour un village de vacances ?" (Code 93)

Mais jamais pour autant on ne tombe dans le côté cliché ! La plume de l'auteur est bien plus subtile que cela, il narre tout "simplement", tel un reporter... Mais ce n'est pas simple un exercice de style de ce genre, il faut un véritable talent pour le réussir et le talent, Olivier, il en a ! C'est indubitable ! Au point d'avoir réussi à me faire aimer un polar, moi qui n'aime généralement que les thrillers de pure fiction et qui ne suis pas friande de "récits réalités"... Attention cependant: ce n'est pas un reportage qu'il nous livre, mais bel et bien un roman parfait ! Et quand on arrive en Seine-Saint-Denis, on n'a plus envie d'en partir avant la fin (du livre j'entends !).

Un véritable chef d'œuvre du genre !

NB: Je ne verrai plus jamais mon micro-ondes de la même façon, même si je n'ai qu'un poisson rouge ;-)

 
 
 
 



Editions: Michel Lafon (septembre 2014)
394 pages
18€95


4ème de couv'

Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste, le calme semble être revenu au SDPJ 93. Son équipe, de plus en plus soudée, n'aura cependant pas le temps d'en profiter. L'exécution sommaire, en une semaine, des trois jeunes caïds locaux de la drogue va tous les entraîner dans une guerre aussi violente qu'incompréhensible. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un ado de 13 ans chef de bande psychopathe, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire torturé, retrouvé mort dans son appartement, la fille d'un élu qui se fait tirer dessus à la sortie de l'école... Coste va avoir affaire à une armée de voyous sans pitié : tous hors la loi, tous coupables, sans doute, de fomenter une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ? Avec son deuxième polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames – forcément humains – où seul l'humour des " flics " permet de reprendre son souffle. Un imbroglio de stratégies criminelles, loin d'être aussi fictives que l'on croit, dans un monde opaque où les assassins eux-mêmes sont manipulés.
 

Biographie de l'auteur

 
OLIVIER NOREK est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 depuis quinze ans. Code 93, son premier roman, a été largement salué par la critique. Territoires est le deuxième polar consacré aux (més)aventures du capitaine Victor Coste et de son équipe.

mardi 2 juin 2015

"Code 93" Olivier Norek (Michel Lafon - Pocket)




 
Et si, pour commencer, je passais à confesse ? Deux ans que ce livre est sorti, un an de patience dans ma PAL... J'appréhendais de l'ouvrir: un livre sur le 9-3, écrit par un "flic" du 9-3, j'imaginais là un récit rempli de clichés: des tours genre "cage à lapins", des trafics de drogue, des flics un peu borderline, bref j'imaginais le truc un peu rébarbatif qui allait m'ennuyer plus que satisfaire ma soif d'aventures ! Eh bien figurez-vous que je me suis plantée sur toute la ligne ! Bon ok, on est bien dans le 9-3 (enfin pas que là d'ailleurs !) mais c'est la seule ressemblance avec ce que j'imaginais ! Une réelle surprise donc que ce livre "avalé" en deux jours (c'est dire le côté addictif et prenant !). Mon mea culpa étant fait, passons aux choses sérieuses !
 
Quand un mort se réveille en salle d'autopsie, une fois l'autopsie commencée évidemment (c'est plus marrant quand même !),  cela fait désordre... Et pour le capitaine de police Victor Coste c'est juste le début des "emmerdes" qui s'annonce ! Parce que quand un toxico semble mort (vraiment pour lui) d'autocombustion, alors là ça sent carrément le roussi ! (désolée, elle était facile mais trop tentante !)
 
Un livre humain et parfois drôle...
 
L'humanité du récit est la première chose qui m'ait sauté aux yeux ! Olivier Norek ne prend pas la peine de nous décrire des flics surhumains, au dessus de tout, il nous les dépeint de manière naturelle et tels qu'on doit les trouver dans la réalité. Ils ne sont pas des "super flics", ils ont leurs défauts, leurs qualités, bref, ce ne sont que des hommes (et une femme) qui forment une équipe plus que sympathique et attachante ! Et, sous la plume de l'auteur, on trouve même un humour, parfois noir, présent tout au long du récit. Le sourire aux lèvres dans un polar ça ne gâche rien, bien au contraire !
 
Pour les personnages c'est donc déjà du tout bon !
 
Une intrigue pas banale et juste parfaite...
 
Pour ce qui est de l'intrigue, Olivier Norek est resté dans le domaine du "possible" (drogue, prostitution, secrets de famille, meurtres et chantage à l'appui). On y retrouve le côté obscur de l'être humain, mais pas seulement dans le 9-3, qui n'a pas le monopole de la haute délinquance, l'auteur nous mène bien au delà de ces frontières un peu cliché, puisqu'il nous entraîne également dans les hautes sphères de la bourgeoisie parisienne. 

Pour Coste et son équipe, ce n'est pas une enquête de routine, mais bel et bien une chasse à l'homme qui s'ouvre, avec des rebondissements surprenants et bien amenés. Un récit surprenant. Aucun temps mort. Bref...

Pour l'intrigue c'est donc aussi du tout bon !

Un livre à lire, ne serait-ce que pour le style !

L'écriture d'Olivier Norek ? Un pur régal ! Tout en finesse, il nous livre un récit captivant où tout est présent pour faire un excellent roman. Pas de "trop", pas de "pas assez", juste ce qu'il faut pour que le lecteur passe un super moment de lecture ! C'est un premier roman et pourtant tout est parfaitement maîtrisé ! Jusqu'au dénouement inattendu et magistral !
 
Pour le style c'est donc, une fois encore, du tout bon !
 
Un polar rondement mené. Une intrigue palpitante. Du grand art ! (Désolée Olivier d'avoir douté aussi longtemps ! "Territoires", étant déjà dans ma bibliothèque, attendra son tour moins longtemps que son petit frère puisque... Je le commence de suite !)
 



4ème de couv'
 
Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d'autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d'un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire. Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d'un mystérieux dossier, le " Code 93 " ? Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison... " Un scénario qui tient en haleine jusqu'à la dernière page. Du grand art de polar. " L'Express " On ressort bluffé par ce thriller. " Le Figaro(coup de cœur de l'année).
 

Biographie de l'auteur

 
Olivier Norek est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 depuis quatorze ans. Après Code 93, son premier livre, il sort Territoires, également aux éditions Michel Lafon.

 

dimanche 31 mai 2015

"Dérapages" Danielle Thiéry (Editions Versilio)

http://www.amazon.fr/gp/product/2361321289/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=2361321289&linkCode=as2&tag=blogpassthri-21&linkId=MSH2EWIGMTDXXVXO


 
Un cadavre est retrouvé dans le Pas de Calais. Une enfant... ou pas ?! Car, quand le légiste hésite à donner un âge au cadavre et hésite de surcroît entre 60 ans et 6 ans, il y a de quoi être troublé ! Si on ajoute à cela le retour en France de Nina, la fille du commissaire divisionnaire Edwige Marion, revenue clandestinement en Eurostar avec des vêtements tâchés de sang... et, pour finir, l'enlèvement d'un bébé, on se retrouve avec une intrigue d'une complexité sans nom ! Un beau "merdier" je vous le garantis !
 
Un tension permanente...

Quelques pages suffisent pour porter la tension à son paroxysme ! Je me suis mise à tourner les pages avec une telle frénésie que j'ai (presque) envisagé de ne plus dormir jusqu'à la dernière ligne tant ce roman est prenant.
 
Plusieurs éléments nous sont livrés au départ, de quoi y perdre son latin si l'auteure n'était pas aussi claire dans sa construction avec des chapitres courts. Mais, au fil des pages, tout trouve sa place et tout s'imbrique de façon finalement parfaitement logique.
 
Une ambiance lourde, noire, totalement anxiogène, sert ce roman aux rebondissements nombreux et déroutants. L'horreur est bien présente dans ces pages, l'auteure ne nous épargne absolument pas !
 
Un livre très "fouillé"...

"Dérapages" est mon premier roman de Danielle Thiéry, je ne connaissais donc pas la plume de cette auteure, je savais juste qu'elle avait été la première femme française à devenir commissaire divisionnaire (même fonction donc que son personnage récurrent Edwige Marion). Je m'attendais, de fait, à une vraie histoire de flics, avec une enquête rondement menée. J'ai été servie de ce côté là en effet, mais pas que ! Ce récit nous emmène bien plus loin qu'une simple histoire de gentils contre les méchants.
 
Sur fond de recherches scientifiques complexes sur le vieillissement des cellules, l'auteure nous balade dans une intrigue aux ramifications internationales. Le côté scientifique aurait pu devenir rapidement redondant, mais Danielle Thiéry ne tombe pas dans ce travers, elle explique bien et sans trop, on sent véritablement le travail de recherche effectué et cette recherche paye parce que l'intrigue en devient carrément captivante ! Telle une araignée méticuleuse, l'auteure tisse autour de son lecteur une toile parfaite dont il ne peut se défaire !
 
Un livre "dérapant"...
 
Quand une vraie commissaire divisionnaire nous emprisonne dans une intrigue à couper le souffle, on ne peut que déraper ! C'est parti donc pour une série de "Dérapages": dans une histoire forte, dans un monde impitoyable et dangereux, dans une science qui nous dépasse. Avec ce livre je vous assure que vous n'aurez pas fini de déraper, et il ne sera pas aisé de se relever à la fin !
 
C'est fort. C'est bon. C'est bien écrit. Bref, c'est à lire ! Effrayant et jubilatoire !
 



Editions: Versilio (21 mai 2015)
375 pages
19€










 
4ème de couv'

Un corps d'enfant, très déconcertant, est découvert sur une plage du Nord de la France. Un cas troublant, qui laisse totalement perplexes les médecins légistes. Même la commissaire Edwige Marion, qui dirige un important service de la PJ parisienne, n'a jamais rien vu de tel. Au même moment, Edwige Marion récupère sa fille Nina, choquée et couverte de sang. Elle a fui Londres et sa sœur Angèle. Nina est mutique. Angèle et son mari, un scientifique renommé, ont disparu. Quels peuvent être les liens entre cet enfant mort noyé, une adolescente, et un scientifique spécialiste du génome humain... Commence pour la commissaire Marion une enquête complexe, aux ramifications internationales, et qui va vite sombrer dans l'horreur. 
 
L'auteur
 
Après une brillante carrière dans la police - elle fut notamment la première femme commissaire divisionnaire - Danielle Thiéry se consacre à l'écriture. Plusieurs de ses romans sont traduits à l'étranger et ont reçu des prix, dont le prestigieux prix du Quai des Orfèvres (2013) Dérapages, son 20e livre, est son nouveau thriller.

mercredi 27 mai 2015

"Comme une ombre dans la ville" Nicolas Zeimet (Editions du Toucan)

http://www.amazon.fr/gp/product/2810006431/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=2810006431&linkCode=as2&tag=blogpassthri-21&linkId=6JWDR3ZTI3F2MPEL


 
"Il y a quelque chose de déstabilisant à savoir que son futur fait également partie de son passé. Plus que le corps, je suis persuadé que le cerveau n'est pas insensible aux conséquences d'un tel paradoxe."
 
Quand j'ai ouvert ce livre je m'attendais à... Je ne sais pas à quoi d'ailleurs, vu que c'est mon premier livre de Nicolas Zeimet ! Mais en tout cas je ne m'attendais pas à cela du tout !!! Quand une légère dose de surnaturel s'immisce dans un roman je deviens totalement accro dès le départ, et ce livre ne fait pas exception à la règle... Ici ce sont les voyages spatio-temporels qui s'invitent dans la partie ! Jérôme serait-il comme les super-héros de ses comics, ceux qu'il a pour vocation de dessiner ? Aurait-il le don de voyager dans le temps et de changer le cours des choses ?
 
Un livre assez déroutant...
 
Il y a Jérôme. Il y a Kate. Il y a Kyle. Mais il n'y a qu'une seul fil conducteur: "le tueur des collines"... Celui qui ne s'attaque qu'à des femmes d'environ 35 ans, les étrangle et leur tranche les poignets.
 
Trois personnages pour trois parties dans ce récit. Une partie pour chacun, trois façon de voir les choses donc. Ce qui rend la lecture assez déroutante, c'est que l'auteur conserve à chaque changement de personnage l'utilisation du "je". Il faut donc non seulement s'habituer à un nouveau personnage, mais se faire à l'idée qu'on passe de la tête de l'un à celle de l'autre. Ceci aurait pu être dérangeant mais il n'en est rien, juste un zest déroutant au départ ! La qualité d'écriture fait que la transition s'opère quasi naturellement, comme si passer de la tête d'un homme à celle d'une femme était chose aisée. Nicolas Zeimet jongle de l'un à l'autre de ses personnages avec une facilité étonnante, ce qui coupe l'herbe sous le pied de toute sensation de malaise que ce style pourrait provoquer chez le lecteur.
 
Un livre impossible à lâcher...
 
Une fois pris dans les mailles du filet, il devient impossible de quitter ce récit. La magie commence à opérer avec Jérôme, ce jeune homme idéaliste qui espère nettoyer les rues de San Francisco grâce à son "super pouvoir". Un tueur sévit et qui serait mieux placé qu'un super-héros comme lui (même s'il se défend de l'être dès le départ) pour le stopper dans ses agissements ? Puis vient le personnage de Kate, une "nana" moderne qui cache bien des secrets dans son passé et un malaise évident dans son présent. Une femme libre et libérée... ou pas ! Et, pour finir, nous voilà face à Kyle. Qui est ce garçon ? Il faudra attendre la fin du livre pour le savoir, parce que c'est là que j'arrête toute explication...
 
Un style bien personnel...
 
Comment définir le style de Nicolas Zeimet ? J'en suis bien incapable car il est totalement atypique et inédit. Cette façon de narrer une histoire au travers de trois visions bien distinctes et diamétralement opposées, est un exercice de style délicat mais totalement addictif quand il est bien mené ! Or là c'est bien le cas: il est mené avec brio même ! L'auteur s'adapte à la perfection au caractère de chacun de ses personnages, un peu comme si trois personnes différentes avaient écrit ce récit, ce qui confère une puissance et une dimension percutante à l'histoire. Une certaine empathie arrive même à pointer le bout de son nez face à ces héros, anti héros et/ou personnes "normales"...
 
Que dire de l'intrigue sinon qu'elle est quasiment reléguée au second plan ? Elle est présente, parce que c'est le fil conducteur du récit, mais pas essentielle pour autant. C'est bel et bien la description de l'humain qui prévaut ici...
 
Ce livre, totalement hors norme, j'aurais du mal à le caser dans une catégorie préétablie. Je le mets dans la catégorie thriller par défaut, parce que l'intrigue s'y prête, mais il est bien plus que cela. C'est véritablement une Histoire avec un grand H qui nous est offerte, et une très belle histoire (au sens noir du terme). Une vraie réussite !
 
 
 
 

Editions: Toucan noir (mai 2015)
464 pages
19€90



4ème de couv'
 
San Francisco, Californie. En l'espace de quelques semaines, plusieurs femmes présentant le même profil sont assassinées. Toutes blanches, toutes âgées d'environ trente-cinq ans. Sur les lieux du crime, le tueur laisse pour seul indice une entaille sur le poignet de ses victimes. Volonté de maquiller les meurtres en suicides ou signature d'un tueur méticuleux ? Jérôme Dubois, jeune auteur de BD d'origine française venu s'installer aux Etats-Unis pour faire carrière, se retrouve malgré lui mêlé aux agissements du tueur. Un criminel qui semble invisible et qu'on surnomme désormais «le tueur des collines». L'enquête piétinant, il décide de s'y intéresser, trouvant aussi là un moyen d'ajouter du piment à sa vie. Mais le jeu se retourne vite contre lui et le chasseur devient la proie. Alors que les meurtres s'enchaînent dans la ville terrorisée, c'est tout l'univers bien ordonné de Jérôme qui s'effondre. Mais, à l'image de ces super-héros dont il conte les aventures, Jérôme est un homme qui a de la ressource...